Les adieux à la reine, ou comment l’affreux côtoie le magnifique…

« En 1789, à l’aube de la Révolution, Versailles continue de vivre dans l’insouciance et la désinvolture, loin du tumulte qui gronde à Paris. Quand la nouvelle de la prise de la Bastille arrive à la Cour, le château se vide, nobles et serviteurs s’enfuient… Mais Sidonie Laborde, jeune lectrice entièrement dévouée à la Reine, ne veut pas croire les bruits qu’elle entend. Protégée par Marie-Antoinette, rien ne peut lui arriver. Elle ignore que ce sont les trois derniers jours qu’elle vit à ses côtés. » (résumé Allociné)

« Farewell my Queen : 1789, the French Revolution starts and Versailles continues to live as carefree and casual as ever, far from the tumult that roars in Paris. When news of the storming of the Bastille reach the Court, the castle is empty , nobles and servants flee … But Sidonie Laborde, young reader entirely devoted to the Queen, doesn’t believe the noises she hears. Protected by Marie Antoinette, nothing can happen to her. She is unaware that these days are the three final days she lives with her Queen. « 




Bon, je dois avouer que comme la plupart des fans de costumes j’ai regardé la bande annonce en me retenant de hurler au scandale : c’est quoi ces robes moches à fermeture à oeillets métalliques dans le dos, cette absence de corsets, ces perruques « caniches » ? Et bien bonne nouvelle : si vous avez survécu à cette bande annonce vous avez vu le pire. A croire qu’elle condense les choses moches du film. Parce qu’effectivement des choses moches il en a, mais il y a aussi des choses très jolies. Ouf !
Well, I must admit that like most of costumes fans I watched the trailer trying not to scream « scandaaaal » : what are this ugly dresses with closing metal eyelets in the back, this lack of corsets, these « poodles » wigs ? Well, good news : if you survived this trailer you’ve seen the worst part of the movie. Just like it condenses the bad fashion stuff of the film. Because indeed there are very bad things but there are some very pretty stuff too. 😀

Voici la toute première image qui a circulé sur le web… Pas très flatteur : une robe flashy, une drag-queen et une fille en violet.
Here’s the first image that has been circulating on the net… Not very flattering: a flashy dress, a drag queen and a girl in purple.
 
Je vais très vite passer sur le film : plutôt ennuyeux, une actrice principale pas très douée et un réalisateur qui a trop abusé des caméras portées sur l’épaule (ok, ça donne un côté intimiste, mais à un moment donné ça donne aussi le mal de mer !). Le pire du pire c’est la direction des figurants qui décrédibilisent complètement certaines scènes qui aurait pu être fortes (celles dans la galerie des glaces et dans le couloir frôlent le ridicule avec leurs figurants qui ne savent pas trop quoi faire à part errer, on était à deux doigts qu’ils fassent même des coucous à la caméra…). Je regrette aussi une Virginie Ledoyen/Gabrielle de Polignac trop absente, un personnage quasi-fantomatique. Ceci dit ce film marque quelques très bons points : le « Versailles-off » avec ses serviteurs qui grouillent dans des couloirs et vivent une vie quotidienne somme toute normale en gravitant autour des puissants, et surtout trois excellentes interprétations : Madame Campan/Noémie Lvovsky (quel dommage de lui avoir donné une robe aux motifs très XXIe siècle !), Rose Bertin/???, et… Marie-Antoinette/Diane Krüger.
I will quickly pass on the film rather boring, a very untalented main actress and a director who abuses of cameras worn on the shoulder (ok, it gives an intimate view, but at some point it also brings seasickness !). The worst of the worst is the direction of the extras that completely discredit some scenes that could have been some of the strongest ones (those in the hall of mirrors and in the servant corridor are almost ridiculous with their extras who do not know what to do except maybe wandering, I almost thought I could see some of them waving to the camera …). I also regret a Virginie Ledoyen/Gabrielle de Polignac too absent, an almost ghost character. But the film scores some very good points too : the « Versailles-off » with his servants, who swarm in hallways and living a normal life orbiting in the powerful shadows, and above all three excellent performances : Madame Campan/Noemie Lvovsky (what a shame they gave her a dress made with 21th century fabric !), Rose Bertin /???, and … Marie-Antoinette/Diane Krüger.
 
Un nom est prononcé, « Marie-Antoinette » et les esprits s’échauffent…
A name is pronounced, « Marie Antoinette » and tempers flare …
 
Marie-Antoinette est de ces rares personnages qui fascinent et ne laissent personne de glace, amour ou haine, peut importe, c’est le buzz assuré sur le net… Alors, oui : son comportement un peu neurasthénique, cette proximité frôlant l’homosexualité, cette façon d’être enfantine et insouciante alors qu’elle a déjà traversé bien des écueils (l’affaire du collier, le mort du dauphin peu avant, etc.), ce n’est sans doute pas très historique. Mais franchement, je soupçonne le réalisateur de n’avoir pas souhaité faire de la reconstitution historique, de vouloir raconter et faire vivre une histoire. Et là c’est plutôt réussi car j’ai vraiment beaucoup aimé cette interprétation de Marie-Antoinette, virvoltant d’un sujet à l’autre selon ses préoccupations du moment, celle d’une passionnée emprisonnée dans le protocole.
Marie Antoinette is one of those rare characters who fascinate, love or hate, no matter, the buzz on the net is guaranteed. Yes : her behavior neurotic, this nearly homosexuality, this way of being childish and carefree as she has been through so many pitfalls (the affair of the necklace, the dauphin’s death shortly before, etc. .), it is probably not very historical. But frankly, I suspect the director for not wanting to make a reenactment movie, wanting to tell a story of feelings. And here it is rather successful because I really liked this interpretation of Marie Antoinette, twirling around from one subject to another according to their current concerns, a passionate woman trapped in the royal protocol.
 
Une Marie-Antoinette fragile.
A delicate Marie-Antoinette.
 
Bon, passons à ce pourquoi vous lisez ce billet : les costumes ! Alors oui, il manque des corsets, et le deuil du Dauphin et beaucoup d’autres choses. Mais franchement, on s’en fout un peu non ? A force de critiquer la véracité des costumes j’en suis arrivée à me dire que je ne pourrais plus jamais aimer les costumes d’un film, et c’est stupide. Stupide parce que c’est du cinéma. Les costumes sont des accessoires permettant au public de placer le film d’époque dans une chronologie et de s’immerger. Bref, du balais toutes les remarques que j’aurais pu sortir du style : « mais où sont passées les robes à la française ? » (parce que si c’est la mode anglaise qui prédomine en 1789, c’est quand même étrange de ne voir aucun dos plissé), « il y a des coiffures de plein d’années différentes en même temps ! », etc.
Well, let’s talk about costumes as it’s the reason why you’re reading this blog ! Yes, there is a lack of corsets, and Dauphin’s mourning and many other things. But frankly, who cares ? I am fed up with the critics on the veracity of the costumes in cinema I hear so often around me : it means I could never love the costumes in a film again, and it’s stupid. Stupid because it’s cinema. The costumes are accessories for the public to put the film in a chronological timeline and immerse themselves in it. In short, I’ll make no remarks like « but where are the french dresses  ? » (because if it is the English style witch predominates in 1789’s fashion, it’s still strange to see no back pleats) or « there are lots of hairstyles from different years together ! », etc.
 
Alors, commençons par la coiffure : très joli travail des coiffeurs & perruquiers, même si la perruque blonde de Marie-Antoinette était de fort mauvais goût. En dehors de cet accident, il y a eu un véritable effort pour coiffer les vrais cheveux des acteurs et utiliser des postiches très jolies. Dernier bémol : ils ont pas mal utilisé de bombes blanches pour cheveux pour les figurants, sans savoir comment faire pour éviter les grosses tâches blanches sur les chignons, dommage !
Let’s start with the hairstyling : very nice work from the hairdressers & hairstylers, even though the blonde wig of Marie Antoinette was ugly. Apart from this accident, there was a genuine effort to style the real hairs of actors and use of lovely hairpiecesLast caveat : they used a lot of white hairbombs for the extras, not knowing how to use them, too bad !
 
La lectrice et son amie, style naturel.
The reader and her friend, natural style.

 

Rose Bertin, la lectrice et Madame Campan pour des cascades de boucles.
Rose Bertin, the reader and Madame Campan, full of haircurls.

 

La fameuse perruque, la grosse erreur.
The famous wig, the bigest hair mistake.

 

L’abus de bombe blanche nuit à une belle coiffure !
The abuse of white hairbombing is terrible…
Dommage, elle était très bien coiffée cette perruque !
Too bad, it was so well hairstyled !
 
Passons ensuite au plus gros reproche dans ce film : les fermetures à oeillets métalliques dans le dos. Ayant l’habitude de bosser moi-même avec le théâtre et le cinéma, je sais ce qu’il y a des contraintes techniques (actrice qui ne veut pas porter de corset, budget serré, matières devant être infroissables, envies loufoques du réalisateur, etc.), mais mettre une robe à lacets dans le dos pour un personnage qu’on arrête pas de suivre dans les couloirs c’est une très grosse erreur quand même ! Si à la limite ça avait été pour une scène, de face, pourquoi pas, sauf qu’on doit voir ce laçage hideux une bonne vingtaine de minutes en cumulé !
Now let’s talk about costumes (at least !), and more exactly the biggest costume mistake : the eyelet closures in the back of most of the dresses. I am used to work myself with the theater and cinema, I know that there are technical constraints (actress who does not wear a corset, tight budget, materials to be wrinkle free, crazy cravings director, etc..) but choising a dress with laces in the back for a character that we follow for most of the film in corridors is a very big mistake anyway ! If it had been for a scene and face filming, why not, but here we must watch that hideous lacing for at last twenty minutes !
 
L’erreur majeure du costumier. The biggest mistake of the costumer.
 
Après il y a eu des choix étranges sur certaines matières (la robe verte de Polignac avec ses motifs « rideaux » jaunes, le tissu de la robe de Campan), mais admettons que ce soit un choix esthétique.
There were strange choices for some fabrics (Polignac’s green dress  with its yellow « curtains » pattern, the fabric of Campan’s dress), but I must admit that it can be an aesthetic choice.
 
Par contre la coupe était plutôt ratée…
But the cut of this dress was a mess…
 
Et puis des coupes de costumes très étranges, surtout en zappant les corsets… La preuve sur ces deux charmantes figurantes qu’on a fagoté.
And some very strange cuts of costumes, very very strange as corsets were missing ! The proof with this twe lovely extras wearing « stuff ».
 
La fameuse forme de buste à la « n’importe quoi » sans doute ?
Look at that strange waist shape. 😡

 

C’est au moins du Burda ou du Simplicity non ?
Burda or Simplicity ?
 
Comme d’habitude, les costumes masculins sont plutôt réussis pour leur part. Avec mention spéciale aux uniformes sans doute loués chez Maratier **soupir**.
As usual, the men’s costumes are quite good. With special reference to uniforms, probably rented from Maratier ** sigh **.
 
 
Les costumes de serviteurs étaient eux aussi très réussis.
The servants’ costumes were too a success.
 
 
Enfin, les costumes de Marie-Antoinette qui sont assez réussis. Elle porte une robe à l’anglaise de cour assez jolie, puis une robe à l’anglaise en gaulle (un choix audacieux mais au final très judicieux !) et LA robe la plus réussie depuis longtemps au cinéma : une lévite en front-zone à motifs à la harpie tout droit sortie des images de mode de l’époque. Rien que cette robe en m’a pas fait regretter d’être allée voir ce film !
Finally, Marie Antoinette’s costumes are quite successful. She wears a court  dress ‘à l’anglaise’ rather pretty, and a dress ‘à l’anglaise’ with a gaulle shape (a bold but an ultimately very good idea!) and THE most beautifull dress I’ve seen in cinema from years : a Levite in front-zone shape with bleue ‘harpy patterns’ which comes straight from the fashion images that existed in those days. I have no regrets of having seen this movie because of this dress !
 
La robe à l’anglaise en forme de gaulle, miam !
The robe à l’anglaise in gaulle shape, yummy !

 

 

 

LA robe, dont je n’ai pas pu trouver d’autres images :'(
THE dress from which I’ve found no other pictures :'(

Autres liens / other links :

4 thoughts on “Les adieux à la reine, ou comment l’affreux côtoie le magnifique…

  1. Thank you for the English translation of the review! I'd like to see this movie, even if it's not so good. That zone front dress without looks so terrible.. It must be the worst thing! Zone fronts are so beutiful but you definiteloy need the stay-shape to make it look pretty! And the back-lacing was also a major failure… I kind of understand the director wanting to make something different but I guess he failed in many parts… The idea of creating something quite different from all the "basic" period films was a great idea… Such a pity the movie didn't turn out to be as good as it could have been.

    Good exasmples of something different from others? Mansfield Park (1999) is quite different from all the basic Jane Austen films.. And, in my opinion, in that film, they amnaged to make something different in a good way.

  2. Merci pour cet analyse. je suis d'accord avec vous que Virginie Ledoyen/Gabrielle de Polignac n'est pas assez à l'écran, quelques scènes de plus avec Marie Antoinette auraient était les bienvenues (le film aurait plus aller jusqu'à 2h05. Par contre, et même si certaines de vos remarques semblent avisées, je trouve que les critiques sur les costumes et les coiffures ne sont pas forcement étayées.

  3. Bonjour, merci pour votre blog très interessant. Je voudrais vous posé une question, qu'est ce qu'une robe à la lévite, ou qu'est ce qu'une lévite ?
    Bonne journée à vous.

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