Je vais enfin présenter une robe qui m’a été confiée pour analyse au mois d’octobre dernier. Puisqu’il y a beaucoup à en dire, cela prendra quatre sujets :
1/ Présentation de la robe et constatations d’ordre général **ce sujet**
2/ Patronnage et funny facts
3/ Plis et Baleines
4/ Construction des manches.
Et pour une fois, les photos sont disponibles en plus grande qualité pour voir les détails (il vous suffira de cliquer).
I’ll talk about a dress a friend lent me last october. But as there a lot of things to say about it, it will take four topics :
1/ General observations **this article**
2/ Pattern & funny facts
3/ Pleats & boning
4/ Construction of sleeves.
And for once, all the photos are available in bigger size for details (you just have to click on pics).

 

 
Nous sommes donc en présence d’une robe datant des années 1780 d’après le tissu et la coupe (elle n’a pas été remaniée plus tard comme c’est souvent le cas). Elle est faite de soie brochée rayée de bleu turquoise et de marron, un très joli motif floral est présent dans ces dernières rayures. Le dos est typique d’une anglaise, mais le devant est assez particulier. En effet, il est composé de deux rabats qui se superposent. Aussi, même si la terminologie officiellement admise est une « anglaise » (cf. le MET qui en possède de nombreuses de ce style et les nomme ainsi, ICI par exemple), je dois avouer que ça me pose un problème de la considérer comme étant une anglaise car cette case « anglaise » serait vraiment une case fourre-tout 😡 Si je concède que le nom d’époque est « anglaise » je me permettrai de la classer plutôt dans la case des « robes ajustées à rabats superposés » (à défaut d’avoir un véritable nom, j’en crée un qui soit descriptif et ne laisse pas de doutes quant à la forme). Les « robes ajustées » existent depuis le début du 18e siècle et elles ont par la suite donné naissance à d’autres formes de robes filles, dont les anglaises.
This dress has been made circa 1780 as the fabric and the cuts show it (it has not been modified later as we can see it often). It’s been sewed in a blue & chestnut brocaded silk, with a very nice floral motive. If the back of the dress is typical for an « Anglaise » but the front is quite particular because it’s cut with flaps that overlap. If the official terminology calls it « Robe à l’anglaise » (cf. the MET which possesses several of this kind and call them « anglaises », HERE for exemple), I must admit that I just can’t call it that way because this term would a rag-bag term ! Even if it was called that way during the 18th century, I’d rather call it a « Robe ajustée à rabats superposés » (we might translate it with « fitted dress with overlapped flaps » ?). The « robes ajustées » (fitted dresses) exist since the start of the 18th century and later gave birth to other shapes of dresses, like the « robes à l’anglaise ».
 
Elle est mal mannequinée (car ne rentrait sur aucun de mes mannequins).
Un dos typique pour les robes ajustées.
A typical back for fitted dresses (but it did not fit on my mannequins)
Les fameux rabats qui se superposent. The overlapping flaps.
 
Comme d’habitude, les lisières de tissu sont intégrés à la couture et c’est toujours un petit moment de magie que de regarder sous les coutures pour voir la véritable couleur du tissu : un joli bleu bien plus vif que celui du reste de la robe où la lumière a fait des dégâts. Le tissu fait 48 à 54cm de largeur, car les métiers à tisser à l’époque étaient bien moins larges qu’aujourd’hui. Les coutures sont rabattues et cousues à petits points discrets.
As usual, the fabric’s borders are integrated to the dress and it’s always a magical moment for me to look under the seams to discover the color of the fabric as it was when the dress was made : a nice blue, brighter than the other parts of the dress exposed to light. The fabric is 48 to 54 centimeters width because weaving looms were not as large as they are today. The seams are turned down and sewed with discreet stitches.
 
Les bordures du tissu sont roses (vue de dessous de la jupe).
The fabric’s borders are pink
Les petits points du haut de l’emmanchure.
Small stitches on the top of the armhole.
 
Si la plupart des robes du 18e présentent une doublure cousue directement avec les pièces extérieures, ce qui fait que les coutures sont visibles dans le corsage (car à l’époque la doublure servait surtout à rigidifier le tissu et ce qui n’était pas visible avait des finitions plutôt « moche »), celle-ci a une véritable doublure cousue proprement, ce qui témoigne d’une très belle facture.
Most of 18th century dresses have a lining sewn directly with the extern parts, so the seams are visible in the bodice (because in those days the lining was used to stiffen the fabric and all that was not to be seen had quite « ugly » finishings), this dress has a very clean lining which shows a beautiful finish.
 

 
Et la suite… au prochain épisode !
But it’s over for now. To be continued !
 

5 comments

  1. Quelle chance pour le/la propriétaire de posséder une telle robe :)! De mon côté j'oserais à peine la manipuler. J'aurais peur de lui faire plus de mal que de bien tant ça me parait fragile (et ce n'est pas qu'une impression, j'imagine que c'est extrêmement délicat. Je m'imagine bien utiliser des gants et tout le toutim 🙂 )

    J'ai hâte de voir la suite de cet article 🙂 C'est une bonne idée!

  2. Si belle! The overlapped front is most interesting. Might you be able to see any pin marks to show where the flaps were pinned? Perhaps there are several rows, indicating a woman whose size changed over time, or the dress having been worn by several women…

    Merci beaucoups d'Amerique,

    Natalie

  3. Hi,
    Yes, there were pin marks ! But only one row of them, exactly where they should have been (otherwise the floral pattern would not be matching between flaps !). I think only one woman wore it, but you'll discover why in the next topic (sorry for the teasing 😀 )

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