Aujourd’hui c’est la présentation d’un costume que j’ai fait pour la Journée Grand Siècle 2017 du château de Vaux-le-Vicomte. Je ne fais pas toujours de posts par créations, mais celle-ci m’a permis d’apprendre pas mal de choses alors j’en profite pour vous les partager.

L’indienne utilisée à été achetée chez Delhi Ka, qui vend en ligne de magnifiques étoffes imprimées avec les méthodes anciennes.

  I wanted to show you a costume I made for the « Journée Grand Siècle » 2017 at the château de Vaux-le-Vicomte. I don’t post all the costumes I create, but this one allowed me to learn many things I want to share you you.

I’ve bought the cotton at Delhi Ka, a store that sells wonderful printed fabrics just like the printed fabrics used during the 18th century.

Photo par Alain Warnier pour CAWphotos.
Photo : Martine Mangeon

Je voulais faire une bourgeoise ayant acheté une indienne en Provence et fait faire un « pierrot » avec, basé sur des gravures de mode achetées 1788. Comme il faisait très très chaud j’ai gardé une coiffure et un chapeau démodés de 10 ans par confort (mais après tout, c’est aussi ça l’intérêt des modes : parfois on peut en faire des mélanges assez improbables !). Pour le reste, voici mes sources et mes erreurs :

Forme générale

  I wanted to be a member of the bourgeoisie, who would have bought a fabric in Provence (south of France) and had a « pierrot » made with it, cut after seing 1788 fashion plates. As the weather was very very hot I kept an outdated hairstyle and hat (10 years !) to be comfortable (and after all, that’s what fashion is made for : merging fashions together !). For the other parts of the costumes here are my sources and mistakes :

General cut

Je me suis basée sur des gravures de mode vers 1788.

Je porte un corset en soie ivoire en dessous du pierrot (et dont on voit la pointe dépasser devant sur les photos).

I based myself on fashion plates circa 1788.

I wore a ivory silk corset under the pierrot (the front part, and its front sharp shape can be seen on the photos when the whole costume is worn).

Corset : work in progress.

J’ai donc opté pour un devant largement ouvert (ce qui est classique d’un pierrot). Sauf que ces ouvertures ont le problème de plisser beaucoup sur le devant ou de s’ouvrir, et ça je n’aime pas trop, alors j’ai ajouté des bandes de rubans (rouges) pour plaquer le corsage sur le devant.

 

I wanted a very large opening on the front of the bodice (it’s a classical design for a pierrot). But these openings often pleat on the front and open widely, and I don’t like that, that’s why I added front (red) straps in order to smoothen the bodice on the front.

 

Avec d’autres costumes que j’ai réalisés par le passé, et portés par une amie et sa maman. Photo : Michel Vaast (pour Martine Vaast Photographie)

 

Le dos est en éventail (beaucoup de petits plis cousus sur le dos et prenant naissance en bas des reins), et j’ai voulu utiliser le bord du tissu en frise pour faire une pointe à l’arrière du pierrot :

 

The back has a « fan shape » (a lot of little pleats seamed on the back and begining at the lower back part), and I too wanted to use the fabric’s border frieze to make a pointed back on the pierrot :

Photo : Yeux Noirs

Ce qui n’allait pas…

Je suis à la fois contente de ce costume et mécontente car j’ai vu pas mal de choses qui n’allaient pas :

1/ La jupe était trop longue et pas assez lourde : la frange de décoration ou de broderie présente sur les gravures de mode est importante, je n’aurais pas dû en faire l’impasse !

2/ Les basques du pierrot étaient trop légères, elles n’ont pas arrêté de se soulever et de se retourner. La prochaine fois il faudra les doubler avec un tissu rigide.

 

What wasn’t good…

I am half happy and half dissatisfied with this costume, I saw many things that were not O.K : 

1/ The skirt was too long and too light : the decoration fringes or embroideries that can be seen on fashion plates are important, I wish I did not skip them !

2/ The pierrot’s tail was too light, it often flied and turned over itself.  Next time I will have to line them with a stiff fabric.

Basques : KO. Devant : KO, ça plisse. (Photo : Yeux Noirs)      ||      Tail : KO. Front : KO, it creases.

 

3/ J’avais fait une double châtelaine, comme on les voit sur la plupart des gravures de l’époque lorsque la robe est ouverte :   3/ I made a double chatelaine, like on fashion plates when the dress is open front :


Mais je sais désormais qu’elles ont une utilité : elles servent à tirer le corsage vers le bas et éviter qu’il plisse. Les miennes étaient uniquement décoratives, et c’était une erreur ! La prochaine fois j’utiliserai des poids pour les lester.   I now know they have a use : they weigh on the bodice and take it down, so it stops creasing. Mine were only decorative items, that was a mistake ! Next time I’ll add balast weights.

En fait, j’ai beaucoup réfléchi à ce devant de robes ouvertes, qui tient parfaitement sur les gravures et qui « en vrai » n’arrête pas de plisser/remonter. Même avec les rubans rouges sur le devant, mon corsage plissait ! (comme vous pouvez le voir sur l’image de « Yeux Noirs », 3 photos plus haut). On peut donc faire une conclusion :

ON SE TROMPE. Cela ne fonctionnait pas par épinglage ni ne se laissait battant sur les corsages cintrés. Ce n’est pas non plus agrafé, parce que sinon la robe n’est pas pratique.

Et c’est là que mes neurones se sont connectés et que je pense avoir la réponse : ces fameuses châtelaines, voilà leur rôle.

J’explique :

Avant les années 1785 on a beaucoup de corsets avec des devants pointus (comme le mien), puis les corsets sont de plus en plus droits (comme sur les gravures que j’ai posté, la pointe disparaît). En fait quand le corset est pointu alors il n’y a pas ces doubles châtelaines parce qu’un lien relie les deux bords des corsages ouverts et est caché sous la pointe du corset. Puis quand le corset s’aplatit alors on ne peut plus utiliser ce système : ces châtelaines deviennent utiles car leur poids permet de tirer le corsage vers le bas.

Voilà un costume qui m’aura permis de faire une découverte importante sur les costumes ouverts sur l’avant (et non battants). Bien entendu, l’autre solution de l’époque c’est aussi de faire corset + corsage ouvert en une seule pièce. Mais en reconstitution c’est toujours plus intéressant de séparer les parties de costumes pour pouvoir les réutiliser séparément !

 

I thought a lot about these open front dresses, everything is perfectly at its place on engravings, but « in real life » they never stop pleating/rolling up.  Even with my red straps on the front, my pierrot is not smooth ! (see 3 photos above). I have one conclusion :

WE ARE MISTAKEN. It wasn’t pinned on the corset or left flapping on slim-fitted bodices. It’s not clipped either, otherwise the costume is not easy to wear, it’s not convenient.

That’s when my neurones connected together and I think I have the answer : these double chatelaines, it’s what they are used for.

I explain :

Before the years 1785 we have a lot of corsets with pointed fronts (as mine), and after that the corsets become flat (like on the engravings I posted above, the pointed front disappears). When the corsets have sharp fronts these double chatelaines are useless because a lacing connects the two side parts of the front opened bodice and is hidden under the corset’s pointed front. And when the corsets flatten then the pointed front is now missing : these double chatelaines pull down the open front bodice.

I discovered an important point about open front (and non-flapping) costumes with this costume. Of course our ancestors used to wear corset + open front bodices  made in one single bodice too, but during reenactments it’s easier to have separate costumes parts, we can re-use them separately !

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