Cela fait un bon moment que je n’ai pas fait de critiques costumes de films ou séries. Alors je vais reprendre un peu le rythme en commençant par un film d’horreur se passant vers 1630 aux Etats-Unis, parmi les pionniers : “The Witch”, réalisé par Robert Eggers avec Linda Muir. Voici la bande annonce au cas où vous ne l’ayez pas encore vue (le film est sorti il y a quelques semaines) :

[ Translation by Emily Maynard, thank you Emily ! ]

It’s been a while since I’ve done any costume reviews for a movie or television series, so I’m going to pick that back up by starting with a horror film that takes place in the United States around 1630, the time of the pioneers. The movie is “The Witch”, directed by Robert Eggers with costumes designed by Linda Muir. Here’s the trailer in case you haven’t seen it yet:

Quelques mots sur le film en lui-même, qui semble déclencher des réactions très tranchées dans le public : soit on adore, soit on déteste. De mon côté je suis plutôt dans la première catégorie alors que j’ai tendance à souvent sortir dépitée des films d’horreur. Celui-ci a des caractéristiques que j’ai trouvé très intéressantes : la reconstitution historique à un niveau très très élevé (y compris dans les croyances religieuses) et surtout le fait que l’histoire est un huis-clos à l’ambiance pesante. Si vous aimez les films d’horreur qui montrent un tas de choses, vous met des “jump scares” de partout et où l’histoire est haletante alors passez votre chemin ! Le réalisateur prend ici le temps de poser les choses, de nous faire mieux comprendre la mentalité de personnes ayant quitté leur pays sans espoir d’y revenir un jour, ayant dit au revoir à leurs proches, et surtout s’installant au milieu d’un pays vaste et plutôt hostile avec presque aucune possession. Ce film joue sur la corde entre réalisme et surnaturel, avec des personnages fanatiques et psychotiques (ce qui peut s’expliquer à l’époque car l’ergo du seigle consommé peut donner des hallucinations), se contentant d’expliquer le film dans les toutes dernières scènes. Bref, un des meilleurs films d’horreur que j’ai vu en ce qui me concerne.

In regards to the film itself, which seems to have triggered distinct reactions among the public, you either love it or hate it. In my case, I fall into the first category since I often have the tendancy to go see horror films and being disappointed. This movie has characteristics that I find very interesting: very, very high quality of historic reproductions (including the religious beliefs) and the story is quite troublesome because all the horror happens as the only characters are a family (two parents and their children). If you like horror films that show a variety of things, cause you to jump out of your seat, and have a story that leaves you breathless, keep on walking! This director takes the time to set things up, to let us better understand the mentality of the people who had left their country without any hope of returning one day, having said good-bye to their loved ones, and settling down in the middle of a huge, and rather hostile, country with barely anything to their name. The film borders on realism and supernatural and includes fanatic and psychotic characters (which at the time could be diagnosed as the rye ergot fungus, a type of mushroom parasite which could cause hallucinations if consumed), which really play out in the final scenes of the film. In short, this is one of the best horror films I have ever seen.

01_ The Witch

Parlons maintenant costumes. En un mot : “wahouuuuu !”.
J’ai assez rarement vu un niveau de reconstitution de cette qualité. Matières, coupes, sous-vêtements et accessoires, tout y est.

Now let’s talk costumes. In one word? “Wow!”.
I’ve rarely seen a level of reproduction of this quality. Materials, the cuts, undergarments, and accessories… everything is there.

03_ The-Witch-family 1
Les principaux personnages : la famille de pionniers.    ||     The Main Characters: The Family of Pioneers

 

La conception est parfaite, la réalisation est maitrisée et le travail de patine (le fait de vieillir le costume pour lui donner ce look “usé” et “porté”) est très bien fait. Linda Muir, la costumière, a expliqué avoir fait beaucoup de recherches et avoir épluché beaucoup de bibliographie avant de faire les dessins préparatoires (voir image suivante). Elle avait un budget très réduit pour l’ensemble de la garde-robe, mais fort heureusement pour elle il y a peu de personnages à costumes puisque la famille est composée de six personnes.

The conception is perfect, the realization is mastered, and the patina work (patina is the art of making a costume look older, like giving it a “used” or “worn” look) is very well done. Linda Muir, the costume designer, explained that she had done a lot of research and dissected a lot of bibliographies before making the preliminary designs (see the following image). She had a very small budget for wardrobe but, luckily for her, there weren’t a lot of characters to costume since the family was made up of six people.

04_ The Witch Costume sketches
Dessins préparatoires des costumes avec échantillons : lin et laine ont la part belle.    ||    Preliminary costume designs with fabric samples: linen and wool play the biggest role.

 

Seule la première partie du film présente de nombreux costumes, car la famille est au sein d’une communauté avant de s’en faire bannir. La costumière a fait appel à un loueur de costumes (car c’était uniquement pour des scènes rapides, donc inutile de fabriquer les costumes) et a ajouté des accessoires (cols, bonnets, …) fabriqués par son équipe (qui a parfois travaillé dans des conditions que l’on connait bien quand on est costumier, au beau milieu de la forêt par exemple !). Elle a aussi eu de l’aide par les gens d’un village pratiquant l’histoire vivante où ces scènes ont été tournées, car les personnes qui s’y trouvent font de la recherche en même temps qu’ils vivent comme à l’époque 24h sur 24h.

The first part of the film has the most costumes in it because the family is at the heart of a community before being bannished. The costume designer relied on costume rentals (only because they’d be used for brief scenes, hence it’d be useless to make those costumes) and added accessories (collars, hats, etc) made by her team (who sometimes worked in conditions that are well-known when you are a costumer, like the middle of the forest, for example!). She also had the help of living historians who practice the lifestyle of the pioneers (https://www.plimoth.org/) because they have done research on the same time period and have adapted to living like the